Retour...tardif sur une séquence électorale dense avec les mots d'un autre mais après tout la vie n'est qu'un long recommencement.
A peine cloturés les scrutins, remballées les urnes, dépouillés les résultats, digérées victoires et défaites, j'ai eu envie de me replonger dans un bouquin qui ne date pas d'hier, écrit par un confrère, Denis Tillinac "Spleen en Corrèze".
Si à l'époque de ma première lecture, l'objet m'avait passablement énervé, je ne me retrouvai pas vraiment dans cette description au scaplel et plutôt dépressive de mon métier de localière - l'enthousiasme ou l'aveuglement de la jeunesse sans doute - à le relire 20 ans après je me suis longuement arrêtée sur les quelques phrases ci-dessous que je vous livre pour....introspection ?
"La campagne électorale se termine. Elle aura été acharnée, et d'un pauvre niveau.
Les gens de "qualité" - au sens stendhalien du terme - dédaignent la politique; ceux qui la courtisent sont peu fréquentables. Aucune importance: il est clair que notre destin se joue sur d'autres tréteaux.
Il s'est passé dans cette campagne comme dans toutes, des choses plutôt lamentables - j'allais écrire antisportives, mais la politique n'est pas un sport, son enjeu continue après la compétition, ses règles sont trop floues pour que les moments forts d'une campagne atteignent la dignité de l'art, comme certains moments d'une rencontre sportive.
La politique n'est pas un combat de chevalier, mais de croquants qui convoitent des choses louches: le fric, la vanité, le prestige social, le sentiment d'exercer une emprise sur la vie des autres. Tous ça manque d'allure. Il est vrai que les rois des tragédies antiques ne luttaient pas pour autre chose..."
"(...) les cantonales sont terminées depuis un mois à peine et les municipales, déjà se détachent à l'horizon de la politique locale. On murmure des noms, on suggère des combines, on énonce des pronostics. Des saloperies circulent dans le dos du maire. Il va falloir, à nouveau se prendre pas la main et s'enfoncer dans cette tourbe.A force d'y patauger, je finirai par m'y intéresser, comme d'habitude (...)"

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