J'ai envie de vous raconter une histoire, celle de Ludovic, Rmiste de 30 ans et qui n'a pas envie de le rester et qui pour cela vient de proposer "un deal" au député-maire socialiste de sa ville, Manuel Valls.
Ludovic n'a pas de boulot, il vit dans un foyer Sonacotra et il en a ras-le-bol de n'avoir pour perspectives que les portes de l'ANPE.
Il y a quelques semaines Ludovic lançait une bouteille à la mer, sous la forme d'une lettre ouverte à son député-maire . Courrier relayé dans les colonnes de boocan.com et dans celles de l'hebdomadaire départemental "le Républicain"
Dans son courrier Ludovic racontait son histoire et proposait à son maire de lui permettre de puiser dans son propre réseau pour l'aider à monter son entreprise.
Avec baucoup de pudeur et de retenue, Ludovic criait son ras-le-bol d'en être réduit à survivre à coup d'aides sociales alors qu'il ne demande qu'à travailler, qu'il a des compétences, de l'expérience, de l'énergie et d'autres ambitions que de percevoir le Rmi.
La bonne nouvelle c'est que l'appel de Ludovic n'a pas été vain, le maire d'Evry l'a reçu et même promis de lui donner un coup de main.
Mais ce ne sera peut-être pas suffisant...
Alors si vous avez des idées, un réseau ou n'importe quoi qui pourrait donner un petit coup de pouce à Ludovic, laissez lui un message à l'adresse suivante : ludo.roussel@voila.fr.
Pour mieux comprendre voici, tel que, le texte de la lettre que Ludovic a envoyé à son député:
Monsieur le Maire d’EVRY, député de la 1ère circonscription de l’Essonne, élu local de l’année 2005.
Je suis rmiste à 374 €/mois, avec des compétences qui en valent 5000 sur le marché du travail.
Je n’ai pas de réseau de relations, pas d’argent, pas de diplôme. J’ai appris mon métier sur le terrain, j’ai aidé des entreprises à se redresser, à monter des projets de développement, etc.
J’ai fait tout ce que l’on m’a dit, j’ai commencé par les petits boulots, j’ai suivi les stages de l’ANPE. Les services sociaux qui me suivent et qui ont fait leur travail ne peuvent rien pour moi, ils n’en n’ont pas les moyens.
Je comprends les motivations de ceux qui n’ayant plus rien, basculent dans l’illégalité. Je n’ai moi, pas ce tempérament.
Mais je refuse de rester sous perfusion, je refuse de continuer à percevoir le RMI et la série d’aides sociales qui va avec, qui ne font que me maintenir en survie.
J’ai un métier, je sais bien faire mon travail, j’ai les compétences nécessaires, je réclame le droit de les exercer, je veux ce qui me revient de droit.
Vous connaissez la différence socio-économique, monsieur le maire, qu’il y a entre quelqu’un comme vous et quelqu’un comme moi ?
Le réseau.
C’est en dehors des aptitudes intrinsèques indéniables que vous possédez, les raisons qui font que vous êtes là où vous en êtes et moi, là où j’en suis.
Nous savons, qu’il y a beaucoup d’autres gens comme moi, dans la merde et valables.
Alors je vous lance un deal monsieur le Maire.
Je vais créer avec l’aide de votre réseau mon propre business. Il s’agira d’une entreprise de ressources humaines. Elle aura pour vocation entre autre, d’aider les gens à trouver du boulot.
J’ai besoin pour cela de votre aide pour monter mon équipe :
Donnez-moi un vieux, un quinqua, de formation financière, dont l’entreprise ne veut plus parce que dépassé, hors concours. Pour moi, il est un vieux briscard, dont l’expérience m’est nécessaire pour monter mon business plan et pour assurer une gestion rigoureuse de ma société.
Donnez moi un noir ou un arabe des Pyramides ou d’ailleurs spécialiste du marketing, qui ne peut comme moi exercer son vrai métier, pour les raisons que nous savons. Moi j’ai besoin de lui pour l’étude de marché de mon projet et pour les enquêtes régulières qu’il y aura à faire sur les produits de nos concurrents et nos attentes clients.
Donnez moi une petite nana qui sort de l’école, qui travaille dans les ressources humaines, mais en stage à peine rémunéré. Pour moi, elle représentera le dynamisme et l’avenir de mon entreprise.
Je m’engagerai avec vous sur des objectifs clairs à faire atteindre à mon entreprise, en matière de création d’emplois
Je suis bien sur comme tout bon professionnel, en mesure de vous présenter ce projet, les intérêts économiques et sociaux qu’ils représentent, notamment pour EVRY.
Je suis habité, malgré et surtout à cause (ou grâce) à ma situation, de la plus profonde détermination à construire ce projet, à le mener à terme. Je veux et je dois créer ma propre entreprise (...)."
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